lundi 21 septembre 2009

La vie à l'université après un mois

Je vous vois venir: "ah mais t'écris plus! qu'est ce que tu fais de si important pour délaisser ton fan club?!" (fan club = papa, maman, mamies, papi).

Excellente transition les amis, puisque je vais maintenant vous narrer le pourquoi j'ai pas vraiment le temps d'alimenter le blog tous les jours de la semaine!

Cela fait maintenant un mois pile poil que l'université a commencé, avec ses cours, ses "assignements", les exams, et autres muffins de la cafet'. Et si la quantité de cours est risible (15h/semaine en moyenne), la quantité de travail qu'on se coltine à la maison l'est beaucoup moins.

De ce coté là les professeurs se partage la tâche avec délectation et dans les proportions suivantes:

Iceland and the European Union : 10% :Livre de 250 pages à lire sur l'UE + travail de groupe sur les institutions + travail individuel sur un membre de l'UE (je me tape Chypre...) + exam de fin.

Icelandic for Beginners : 5% : Répéter les mêmes phrases encore et encore, et ce pour être bien sur de savoir comment s'appelle son voisin et comment il va + petits travaux ponctuels prétexte à une aide de l'autochtone.

Financial Behaviour : 2%: une fois toutes les 3 semaines, il décide de venir nous faire un cours de 8h + livre à lire très intéressant + exam final.

Consumer Behaviour: 25%: Livre de 500 pages à lire "Consumer Behaviour and Marketing Communication" le titre est équivoque + travail de groupe (Creative Brief + IMC) pas équivoque du tout là... + exam de mi-semestre la semaine prochaine + exam de fin.

Alors 2% + 5% + 10% + 25% = 47% ... bin alors ?!
Ah mais oui y a l'Anglais!

English for the global manager: 53%: Alors là il va falloir un paragraphe pour tout expliquer...
En fait il s'agit du seul cours d'anglais utile auquel il m'ait été donné d'assister (je suis désolé pour Mme Schooling qui je pense était une bonne prof, mais noyée dans un système éducatif en deçà du niveau de l'équipe de France de football.) Il est dispensé par Erlendina, une native Sud-Africaine enceinte jusqu'aux dents, et qui semble penser que nous assener un entraînement scolaire aussi intense devrait nous permettre de la faire accoucher nous mêmes d'ici la fin de semestre.
Ainsi nous avons régulièrement des speechs à préparer, des interros de vocabulaires et des travaux aussi variés que la discographie de Johnny Halliday. Le tout ponctué de lectures toutes plus étoffées et denses que les précédentes. Par exemple, Erlendina nous a donné aujourd'hui un speech à produire après demain, avec un support de 113 pages, sur les manières de négocier... C'est quand même plus complet que les notices Ikea!

Enfin... l'université, ce n'est pas que le travail, c'est aussi l'infrastructure qui est mise à notre disposition pour que nous soyons à même de donner le meilleur!
Et pour ça on peut dire qu'ils ont les moyens! Outils technologiques à profusion, personnel en charge de la propreté de l'établissement, parking, cafétéria, et j'en passe...

Donc ne vous inquiétez surtout pas pour moi, tout va bien! J'ai même la carte étudiant qui permet d'accéder à toutes les parties de l'université à n'importe quel heure du jour et de la nuit. Je pense que les roupillons à la BU n'étaient qu'un vague aperçu de ce que je vais pouvoir faire ici!


Petite parenthèse pour la fin: je voulais vous écrire du café où je passe le plus clair de mon temps après les cours (avec mes livres et mes notes je vous rassure), pour me la jouer J.K.Rowling, mais la connexion est trop naze donc je vous écris de ma chambre...

Stats-probas

Petit calculs de la vie quotidienne...

Sachant que l'Islande possède une proportion de 37% de filles superbes.
Que leur instinct grégaire les pousse à se déplacer en groupe où en moyenne 85% des éléments sont splendides.
Que sur une population de 10 groupes, seulement 4 sont représentatifs de la réalité présenté au point précédent.
Que le bar où j'étais samedi soir comprenait approximativement une vingtaine de groupes.

Combien y a t'il de chance que le numéro de téléphone dans ma veste appartienne à l'une de ces divines créatures?

(Numéro de téléphone : Simi en islandais)

dimanche 13 septembre 2009

On se connaît ?

Au risque de me répéter, je me trouve actuellement dans une île qui compte un peu plus de 300000 habitants (ahahhh je le savais, tu le savais pas!). Quand on marche dans la rue, on ne s'en vraiment pas compte et il n'y a pas vraiment de différences avec la France.

Seulement quand on vit ici et qu'on creuse un petit peu, on s'aperçois que la petitesse de la peuplade influe sur la mentalité générale de la nation. En effet, ici personne n'a de secrets pour personne, tout le monde peut avoir accès au numéro de sécu de Olaf Edmundsson ou au numéro de portable de Kristina Jonsson (héhé...). Et plus étonnant encore, tout le monde s'en tappe!


Personne ici ne voit l'utilité d'obtenir des informations personnelles sur quelqu'un par internet alors qu'il pourrait très bien aller les demander à son voisin, sans pour autant empiéter sur la vie privée de son prochain. On décelle une solidarité au sein de ce pays qui n'a pas son pareil dans aucun des pays que j'ai eu l'occasion de visiter, c'est peut être pour ça que l'Islande a été classée comme le premier pays où il fait bon vivre. Un peu comme chez les schtroumpfs en fait...

Je vous laisse le numéro de téléphone perso du président: 585 0000 (sa ligne directe)

mercredi 9 septembre 2009

La Cod War en Islande

Et non ce n'est pas une faute de frappe dans le titre, vous pouvez tous fermer le pop-up de commentaire!

Il s'agit d'une part importante de l'histoire islandaise qui s'est déroulée dans les années 50 et 70 et qui opposait l'Angleterre et l'Islande. Cette sombre période de la mémoire de l'Islande n'a pas été relatée dans notre livre d'histoire pour deux raisons: l'Islande c'est trop petit, et voir des gens se disputer la poiscaille, c'est had been! Car oui il s'agissait bien de poisson (cod: morue en anglais).


Pour résumer, la principale ressource de l'Islande à cette époque était la pêche (ça l'est encore d'ailleurs). Seulement les eaux territoriales islandaises se sont vite avérées trop restreintes pour répondre à la demande croissante. C'est ainsi qu'ils ont déclaré (plus ou moins unilatéralement) que leurs eaux territoriales étaient désormais étendues, et qu'ils avaient le droit parce que c'était dans leurs textes de loi, rédigés par eux mêmes! Pas de bol pour eux, les anglais pêchaient dans ces mêmes eaux, et eux n'avaient pas bien enregistré cette histoire d'extension.
Ainsi pour prévenir la menace des 4 pauvres bateaux de pêche que comptait la marine islandaise, les britanniques ont fait escorter leurs propres bateaux de pêche par des navires de guerre de la Royal Navy (rappelons que la marine britannique fait partie des plus puissantes du monde).


Ils sont tous allé régler ça devant le Tribunal de la Haye, et ça a marqué la fin de la première Cod War.

C'était sans compter sur cette petite coquine de marine Anglaise qui s'est remise à pêcher 20 ans plus tard dans les eaux islandaises, remettant le feu aux poudres...
Après avoir compris que ça ne servirait à rien de rentrer dans les bateaux anglais (car oui ils l'ont fait, les Islandais préférant la méthode empirique), ils ont mis au point la résistance passive et ont créée l'arme qui fait encore aujourd'hui la fierté du pays: le net cutter (découpeur de filet).


Le mode d'emploi est très simple: il suffit de passer dans le sillage du bateau de pêche anglais en laissant traîner le net cutter, couper les filets de pêche, et le temps que les Anglais s'en rendent compte et changent de cap, vous êtes déjà loin à vous fendre le lard et imaginant leur tête. Que de folles soirées!


Mais les Britanniques, mauvais joueurs ont moyennement apprécié l'humiliation et ont ramené leurs destroyers et autres fregates. C'est alors que l'OTAN est intervenu dans les "négociations". Et comme ils avaient besoin de l'Islande pour baser l'armée américaine (couloir stratégique dans le cadre de la Cold War), et que l'Islande menaçait de les quitter, ils n'ont pas eu d'autre choix que de dire aux Britanniques de rentrer chez eux, le tout consigné par écrit dans un traité expirant en 1975 accordant même à l'Islande un élargissement de leurs eaux territoriales.

Autant le dire, une fois le traité expiré les anglais se sont fait un plaisir de remettre le couvert une dernière fois! L'Islande a réagi de la même façon que pour la deuxième édition, et a menacé l'OTAN de la fermeture de la base américaine de Keflavik (celle où j'habitais), ce qui aurait sérieusement compromis la surveillance de l'Atlantique Nord. Ainsi, l'Islande a obtenu de l'OTAN la quiétude de leur territoire de pêche sur des eaux s'étendant à 200 miles marins, contre 4 miles au début du conflit dans les années 50!


Morale de l'histoire: c'est quand l'anglais en a marre de se taper des thons qu'il va chasser la morue.

CQFD

Nous avons eu un petit cours d'une heure sur l'histoire de l'Islande hier, afin que nous puissions remettre les choses dans leur contexte et ressituer les grandes figures qui ont marquées le pays. C'était extrêmement instructif et mené avec beaucoup d'humour par un intervenant qui connait bien son boulot puisqu'il enseigne lui-même à l'Université de Reykjavik.

Je vous épargnerais les étapes de l'indépendance, et les différentes politiques du pays pour en arriver au point essentiel de l'intervention: les énigmes de la génétique islandaise.